D’aussi loin que je me souvienne…
Je dessine.
À l’école primaire déjà, mes cahiers étaient remplis de croquis au lieu de notes. Un œil, un visage, une silhouette. Je dessinais en cachette pendant les cours, à la marge des pages, au dos des devoirs… Comme si mes mains n’avaient jamais pu rester en place sans tracer la beauté qu’elles voyaient en silence.
Au lycée, mes profs me reprenaient parfois : « Tu rêves encore, Lucas ? »
Mais ils ne comprenaient pas. Ce n’était pas rêver. C’était voir autrement.
Je ne copiais pas la réalité. Je l’interprétais. Je cherchais déjà à capter l’essence, l’âme, ce petit quelque chose qu’on ne voit qu’en fermant les yeux.
Et puis un jour, j’ai offert un portrait.
C’était une amie, un visage doux et sincère, que j’avais dessiné au fusain sur un vieux papier granuleux. Lorsqu’elle l’a découvert, elle a été si émue. Pas par tristesse, non. Mais parce qu’elle s’était reconnue comme jamais auparavant.
Elle m’a dit : « Ce n’est pas juste moi que tu as dessiné. C’est mon histoire. C’est ce que je ressens. Merci ! »
C’est là que tout a pris sens.
Dessiner, ce n’était pas juste un plaisir. C’était un langage. Une offrande.
Et aujourd’hui encore, chaque portrait que je réalise est guidé par cette même intention : faire vibrer, faire ressentir, honorer ce qu’il y a de plus beau et de plus profond en vous.